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INAUGURATION du FERRIER de la GARENNE
le 19 septembre 2009 lors des Journée du Patrimoine




Le discours du Maire, Monsieur Guillaumont

 

            Monsieur le Ministre, Monsieur le Sénateur, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Général, représenté par Monsieur le Conseiller Général de Bléneau, Président du Pays de Puisaye- Forterre, Monsieur le Président de la Communauté de communes, chers collègues.
           Le Conseil Municipal, les membres de l'association du Ferrier, les Tannerroises et Tannerrois vous souhaitent la bienvenue et vous remercient, tout particulièrement, d'être parmi eux aujourd'hui, sur le site du Ferrier de la Garenne. 
           Nous n'ignorons pas les nombreuses sollicitations dont vous êtes saisis, à fortiori, à l'occasion des journées du patrimoine, mais vous êtes avec nous, à Tannerre, et nous en sommes
d'autant plus honorés.
           Un regret : l'absence de notre député, ancien Ministre d'État, Jean-Pierre SOISSON, à qui je souhaite un prompt rétablissement. Je sais qu'il est avec nous par la pensée tant la Puisaye et Tannerre en particulier, où il a résidé, sont chers à son cœur.  
           Parmi les personnalités présentes, pardon si j'en oublie, je salue Monsieur CURTZ, Architecte des Bâtiments de France, et Monsieur PIETAK, spécialiste des ferriers en Puisaye.                                                
 Compte tenu de toutes les compétences ici réunies, je me limiterai modestement à retracer l'historique récent du site de la Garenne.
Gérard KANY, Président de l'association, vous expliquera plus en détail, pourquoi ce n'est pas un hasard si ce site a été un haut lieu de l'industrie du fer. Bien sûr, le minerai de fer était présent sur le site, mais trois autres éléments essentiels et favorables à l'implantation de cette industrie étaient également réunis : l'eau, l'air et le feu.
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         L'eau avec, notamment, le Branlin, pour le trempage et le lavage du minerai, ainsi que pour le refroidissement du métal en fusion; 
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         L'air avec l'exposition du site en hauteur, face aux vents dominants, qui permettait d'accélérer la chauffe et d'obtenir une bonne qualité de métal
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         Enfin, le bois nécessaire à l'alimentation de la combustion était largement présent sur place et à proximité.
     Plus de 2000 ans d'histoire sur ce site qui a connu trois périodes d'exploitation :
- L'époque Gauloise, Gallo-Romaine;
- Le Moyen-âge, époque où fût édifiée la forteresse de la Motte Champlay;
- Et, plus près de nous, le début du 20ème siècle.
     Au cours de cette dernière période, dont l'activité intense fût un temps stoppée par la guerre de 1914, la population ouvrière préfigurait déjà l'Europe, puisque réfugiés Belges et Italiens ont été remplacés, après la guerre, par des ouvriers Serbes et leurs familles.
     A noter, pour mémoire, que, en ce début du XXème siècle, la population de Tannerre était de 830 habitants. Après avoir été de 250 habitants en 1990 , elle est remontée aujourd'hui,en fait depuis lundi dernier, à 331 habitants, bienvenue à Angèle Marie DOUCE, quel joli prénom, et très prochainement 332... Ces chiffres permettent de mesurer le chemin parcouru. Nous sommes sur la pente ascendante,tous les espoirs sont donc permis.
      Quant au site, sa superficie est aujourd'hui de 16 ha. Le ferrier de la Garenne a été classé monument historique en 1982 à l'initiative et grâce à la ténacité de François Pierre CHAPAT. Ces lieux sont jouxtés par la propriété de Monsieur BARRE, qui aurait dû être présent, mais qui ne pourra l'être pour raison de santé. Je viens de l'avoir au téléphone à l'instant, il m'a chargé, Monsieur le Ministre, de vous transmettre toutes ses amitiés. Monsieur BARRE doit être tout particulièrement remercié pour avoir autorisé la traversée pédestre de sa propriété, permettant l'accès au site. 
     A l'origine, propriété de la famille de LESTRADE, la Garenne a été donné, à sa mort, par l'une de ses habitantes, mademoiselle AMAR, à la commune de Villeneuve les Genêts. Gérard LEGRAND, en sa qualité de maire de Villeneuve, a souhaité donner la préférence à la commune de Tannerre, pour en faire l'acquisition. Celle-ci a été réalisée en 2004 pour un montant de 25 000 €,   subventionnée à hauteur de 11 000 € par le Conseil Général. Restait à valoriser cet investissement. Mon prédécesseur, Michel NACHBAR, aujourd'hui vice-président de l'association, que je salue bien bas, avait diligenté une étude menée par Reynald BAILLY de la Communauté de Communes sur la mise en valeur touristique de ce site.
      Cet objectif figurait également dans le programme de l'équipe Municipale actuelle. Dans le prolongement de la réunion publique du 24 mai 2008, l'association du Ferrier a été créée le 20 septembre 2008. Il y a donc pratiquement un an, jour pour jour, que cette association existe. Ceux qui connaissaient le site auparavant sont en mesure d'apprécier l'action de ses membres.
     Ces lieux étaient devenus, durant les 20 dernières années, ce que certains n'hésitaient pas à qualifier, peut être un peu abusivement, de « poubellien avancé ou primaire » caractérisé, notamment, par une quantité impressionnante de carcasses de voitures. Les allées que vous allez emprunter, même si elles comportent encore quelques imperfections, n'étaient, hier encore, que des sentiers étroits à peine praticables, voire inexistants.
    Nous sommes sur la bonne voie par ces lieux, où bien des hommes ont souffert, renaissent peu à peu et sortent de l'oubli, même si les échos des attaques de nos désormais amis anglais, contre la forteresse de la Motte Champlay ne résonnent pas encore... Peut être même ira-t-on un jour jusqu'à voir rôder en ces lieux, tout droit sortis de leurs bandes dessinées, l'ombre d' Astérix et de son compère Obélix...
     Pour l'heure, au delà du relief tourmenté du site, il est aujourd'hui parfois difficile de distinguer les vestiges du passé, aussi évidents soient-ils pour les spécialistes. Une première série de panneaux à donc été installée avec l'aide financière et logistique de la communauté de communes, pour jalonner un sentier de découverte. Il s'agit là d'une première étape, qui, même si elle n'est pas spectaculaire pour des regards non avertis, se devait cependant d'être célébrée comme il se doit. L'aménagement d'un tel site est une œuvre de longue haleine, parsemée d'embûches. Mais, je fais confiance au Président Gérard KANY et à son équipe de bénévoles pour en venir à bout, avec bien entendu l'appui de la Municipalité. Il a de nombreux projets en réserve, dont l'installation de près de 700 m de rails, qui ont déjà été acheminés sur le site, un relevé GPS des lieux, ainsi que la reconstitution d'un four... Mais, il vous en parlera mieux que moi avec la passion qui le caractérise.
     Par ailleurs, je souhaite, au-delà de l'aspect patrimonial, dédier cette inauguration à l'engagement des bénévoles et rendre ainsi hommage au bénévolat en général, sans lequel bien des actions s'avéreraient impossible, mais dont les mérites ne sont hélas pas toujours reconnus comme il se doit.
      Sans ces bénévoles, nos petites communes rurales seraient devenues depuis longtemps des déserts sans âme, où toute humanité aurait disparu.
     A cet égard, je remercie, bien sûr, le Président de l'association du Ferrier, mais également le Président du Comité des Fêtes, Mme la Présidente de l'Espoir Tannerrois et leurs équipes qui, chacun à leur niveau, ont participé à l'organisation de cette inauguration.
     Une mention spéciale à l'association du petit train de Champignelles, à ses membres et à son Président Daniel MOUFFRON, qui grâce à leur concours ont permis de préfigurer ce que pourrait être l'aménagement futur du site.
     Pour conclure sur une note humoristique, dénuée de tout esprit polémique, une anecdote: j'avais souhaité agrémenter cette cérémonie avec la participation de l'école de musique de Puisaye- Forterre, mais pour que cela soit possible, il aurait fallu déplacer la date des journées du patrimoine... En effet, les jeunes musiciens ne feront leur rentrée qu'à partir du 21 septembre. Dommage..
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     Je vous propose, Monsieur le Ministre, de faire un sort au traditionnel ruban, avant que je ne cède la parole au spécialiste qu'est Gérard Kany, qui commentera la visite du site, visite qui sera suivie, si vous le voulez bien, par une intervention de Alain DROUHIN, puis de la vôtre.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

  Merci Mr. le Maire de me donner la parole.

 

            Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis, bienvenue à l’inauguration de ce site appelé le Ferrier Antique de Tannerre.

 

            Mais au juste, qu’est ce que c’est qu’un FERRIER. Ce mot ne figure même pas dans le Petit Larousse. Au village on m’a dit que là-haut il n’y a rien que des pierres, des trous et des bosses. Intrigué, je suis allé me faire une opinion. Je me serais cru à Verdun ou sur la ligne Maginot mais sans fait de guerre connu.

 

         En réalité, il y a 2000 ans, à l'époque gallo-romaine, Tannerre était un très grand centre sidérurgique. Les amoncellements de scories et autres déchets de fabrication du fer, ont au courant des siècles formé des monticules pouvant atteindre une vingtaine de mètres  et qui ont été appelés FERRIER. Ces immenses buttes ont été très endommagées durant la période industrielle.

 

INTRODUCTION :

   Mais avant d’aller plus loin, je veux préciser qu’en cet endroit je ne vais faire qu’un aperçu général de l’histoire du Ferrier de sa création à sa destruction. 
           Pendant
les trois arrêts sur le chemin de la découverte je vais développer l’histoire du train et des wagonnets, la fabrication du fer et l’histoire de la forteresse de la Motte Champlay . Je développerai en même temps nos projets spécifiques en fonction de chaque site.  

 Donc l’histoire se déroule en trois grandes périodes :

  Fabrication du fer, donc la création du ferrier il y a 2000 ans, le Moyen Age avec la forteresse de la Motte Champlay et puis au début du XXème siècle l’exploitation industrielle des scories.                       

Nous commençons par la FABRICATION du FER et la CREATION DU FERRIER

 Il y a plus de 2000 ans, la région marécageuse de la Puisaye, grâce à sa richesse en forêt et en eau et où affleuraient les veines de minerai très riche en fer, la limonite, était devenue un très grand centre sidérurgique. Il a connu son apogée durant la période gallo-romaine. La main d’œuvre était formée d’esclaves, de prisonniers de guerre, d’ouvrier locaux spécialisés. Avec la fin de la domination romaine, l’exploitation au début du Moyen Age semblait se limiter aux besoins locaux

  FABRICATION du FER : 

Le fer était fabriqué dans des bas-fourneaux par la méthode de la réduction directe c.à.d. sans fusion. Après chaque fournée, les scories et tous les autres déchets de fabrication, (charbon de bois, cendres, argile, minerai en excès)  ainsi que les gravats du bas-fourneau qui était détruit après 2 à 3 utilisations était épandus aux alentours sur ces monticules qui se formaient et qui ont été appelés FERRIER. La  hauteur pouvait atteindre 20 mètres et plus.

            Il est à noter que le ferrier de Tannerre est le plus grand de France et compte parmi les plus grands d’Europe par sa surface qui à l’origine avoisinait les 30 hectares. Les médias ont pris l’habitude de parler de celui des Martyrs près de Carcassonne comme étant le plus grand , mais la raison est que les Martyrs ont été fouillés et beaucoup de publicité a été faite autour alors que celui de la Garenne était totalement oublié, même après avoir été classé monument historique.

 Maintenant nous continuons avec le MOYEN AGE :

         Pendant le Moyen Age, le ferrier a uniquement évolué en fonction des besoins locaux.           .
          Vers le Xème siècle, la partie ouest du grand ferrier semble avoir été nivelée pour y construire une puissante forteresse, la Motte Champlay. Mais avec la guerre de Cent Ans, elle a été prise d’assaut et en 1360 lors de l’évacuation de la Puisaye, celle-ci a été rasée par nos amis anglais, tout comme le fort du village du bas et le village lui-même. Plus une âme qui vive n’a survécu a massacre. Tannerre mit plus de 2 siècles pour revivre mais ne put jamais égaler cette période passée.

 Pour finir la PERIODE INDUSTRIELLE:      
     
Au début du XXème siècle, on s’aperçut que le ferrier était un matériau qui par sa composition et sa stabilité pouvait servir à alimenter les hauts fourneaux par sa richesse en fer, manganèse et silice et aussi comme matériau pour le remblaiement des voies de chemin de fer, chemins, cours.
           Pour son exploitation, il y eut des réfugiés politiques comme, les belges et les italiens, remplacés plus tard par des serbes

   Exploitation manuelle au début :

          Au début l’exploitation se faisait à la main, pioche, pelle, brouette et crible. De nombreuses photos de cette période seront présentées tout à l’heure sous la tente d’exposition. Cette exploitation se faisait de façon rigoureuse et progressive et présentait de grandes coupes verticales du ferrier faisant voir de façon très explicite les couches successives d’épandage des scories et gravats des bas-fourneaux. De nombreuses découvertes ont ainsi été faites.
           Ces découvertes, poteries, pièces de monnaies, statuettes, outils, etc. ….ont été récupérées par les ouvriers et d’autres personnes et peu ont abouti au musée où aujourd’hui elles ne sont plus exposées et les autres ont disparu chez des particuliers.

          Pour permettre à cette main d’œuvre de vivre normalement, une cantine a même été construite dans le sud du ferrier.

 Exploitation industrielle pour améliorer le rendement :         Pour faire face à la demande des Hauts Fourneaux de Lorraine ce type d’exploitation a été remplacé par la mécanisation. D’énormes excavatrices et pelles mécaniques sont venues remplacer la main d’œuvre manuelle. La technique de travail : Les pelles mécaniques faisaient des sondages en creusant des trous d’environ 1 x 2 mètres sur 1 mètre de profond que vous pouvez voir un peu partout aujourd’hui encore. L’analyse de ces sondages permettait de connaître le qualité du ferrier et permettait ainsi l’utilisation ciblée des grosses excavatrices. Mais dès que la zone était épuisée, ils continuaient ailleurs d’où ces trous et monticules dans tous les sens. Ainsi tout le ferrier a été bouleversé, les couches et les périodes mélangées et l’analyse du site devient très difficile. 
           Pour améliorer l'exploitation, même un petit chemin de fer en voie de 600 a été mis en place en 1912 pour acheminer les scories vers la gare de Villiers St. Benoit. Cette ligne a été enlevée en 1931 pour être remplacée par des camions. A l’intérieur du ferrier l’acheminement des scories vers cette voie se faisait par des wagonnets sur rail de 500.

      Cette exploitation industrielle a cessé vers 1961 mais a continué pour les besoins locaux en remblaiement des cours, chemin etc. …
Mais cette exploitation de notre patrimoine a aussi une FIN

        Grâce à l’action de M. CHAPAT, le site a été classé monument historique en 1982 et toute extraction de scories a été interdite, ce qui a sauvé le ferrier de sa destruction totale.
         Donc depuis plus d'un quart de siècle, le site était à l’abandon et la nature avait repris le dessus.

          En 2008, la création de l’association « Le ferrier de Tannerre en Puisaye » a sorti le site de l’oubli.

      Avec les documents et photos que nous avons pu découvrir et consulter lors de nos recherches, les chemins ont été redécouverts et la découverte de plusieurs sites intéressants a été rendue possible.

             Une dizaine de panneaux explicatifs ont été mis en place à l’intérieur du site et des panneaux d’orientation avec le plan aux entrées. Mais assez parlé de l’histoire et avançons dans le site pour découvrir les réalités et aussi les projets que nous envisageons pour lui redonner vie                                                                                                      
SITE du PETIT TRAIN

      Vous vous trouvez à un poste d’aiguillage nord et ouest de l’ancienne voie de chemin de fer qui amenait le ferrier à Villiers St. Benoit. Sur la droite vous avez l’embranchement qui est le plus long et qui se termine près des puits (comblés et plus visibles) à la limite de la Motte Champlay et celui de gauche qui se dirige vers l’ouest entre le puits gallo-romain et la Motte Champlay.

          Vous avez ici un échantillon d’aiguillage et rails en 600 correspondant à ce train

         Je tiens à remercier Mr. LOFFROY  de Villiers St.BENOIT, d'avoir mis à notre disposition un document unique des méthodes de travail et d’organisation du transport.

           Cette voie avait été créée en 1912 et avait fonctionné jusqu’en 1931 date à laquelle elle a été remplacée par les camions.

          Pour la petite histoire, trois locomotives à vapeur étaient utilisées. Un convoi se composait d’une locomotive et trois wagonnets qui allaient de la Garenne jusqu’à Villiers. Là, une deuxième machine venait s’atteler à l’arrière du convoi pour aider à le pousser sur une rampe appelée «estacade » qui permettait ensuite de benner directement le chargement dans les wagons de la SNCF. Pendant ce temps, un deuxième convoi partait de la Garenne.

               A partir de la Garenne, il arrivait souvent que les wagonnets étaient trop chargés alors dans la côte des Mussots des chevaux en prenaient un en charge et l’amenaient en haut de côte.

 

     Après le convoi reprenait son chemin. A mi-parcours il refaisait le plein d’eau

 

 Projet :
     L’association du Petit Train de Champignelles vous présente ici une de leur locomotive avec quelques wagonnets sur une vingtaine de mètres de rails qui vous permet d’apprécier un petit train dans ce site où il faisait partie du paysage.

 

    Le projet consiste à mettre en place un petit train pédagogique qui empruntera environ 200 mètres de l’ancienne voie de chemin de fer avant de bifurquer vers la gauche en direction du site pédagogique en empruntant le tracé de ligne de wagonnets d’exploitation.

     Ce projet n’a pu être envisagé que grâce au don de plus de 500 m de rails et accessoires par Mr. LESAFFRE de la société SOGEFA ainsi que de Mr. CORNILLAT.

   Ce projet ne peut devenir réalisable qu’avec l’aide de l’association du Petit Train de Champignelles qui nous propose de partager son expérience pour faire face aux difficultés.

    Ceci est un projet qui mettra plusieurs année pour être réalisé.

 

    Nous continuons maintenant vers le site pédagogique : 

Plus de 2000 ans d'histoire sur ce site qui a connu trois périodes d'exploitation :

        -  L'époque Gauloise, Gallo-Romaine

        - Le Moyen-âge, époque où fût édifiée la forteresse de la Motte Champlay

        - Et, plus près de nous, le début du 20ème siècle

 



 

SITE PEDAGOGIQUE

Nous avons eu la chance de découvrir lors de nos recherches, ce site exceptionnel où nous avons découvert des coupes du ferrier antique intactes et un ancien poste de criblage. L’on peut apercevoir de façon très nette les couches d’épandage des scories et autres matériaux. On peut aussi y découvrir les débris de bas-fourneau et aussi les traces des techniques d’amélioration de la fusibilité du minerai avec l’ajout de « fondants ».

           Sur ce même site qui semble avoir été abandonné brutalement, on a également trouvé les restes d’un poste de criblage du ferrier que nous avons essayé de présenter dans son état d’origine malheureusement sans le crible que nous allons devoir reconstruire selon les photos de l’époque.

            Pour compléter ces découvertes et présenter autant que possible un poste de travail complet, nous avons rajouté sur cette partie un exemple de voie de 500 avec aiguillage et un wagonnet d’origine           Trois panneaux mis en place permettent de comprendre la fabrication du fer par la méthode de la réduction directe. Panneau 1 : le minerai, panneau 2 : la théorie et l’explication de la fabrication du fer, panneau 3 : les scories ou résidu de fabrication.

 

 Quelques mots sur la FABRICATION du FER figurant sur ces panneaux

       Pour fabriquer le fer par la méthode de la réduction directe, il fallait obtenir une température de 1300°. (il ne fallait surtout pas atteindre la température de 1536° car au lieu de fer, on aurait obtenu de la fonte, et une épée en fonte n’était pas recommandée)

         Donc il fallait du charbon de bois et du minerai de fer concassé et lavé.

 Le four était chargé en alternance avec du charbon de bois et de minerai de fer. Après la mise à feu on injectait de l’air (système de soufflet) pour obtenir cette température.

        La combustion du charbon de bois génère à partir de 600° du monoxyde de carbone qui réagit avec l’oxyde de fer. En même temps à partir de 900° la gangue et autres matériaux qui entourent le fer commencent à fondre et s’écoulent sous forme de scories. Le fer n’est jamais liquide, il reste à l’état pâteux et devra être retravaillé en forge pour éliminer les impuretés.

 PROJET :

        Sur ce site nous prévoyons de le compléter pour l’année prochaine et avec l’aide de compétences extérieures la mise en route d’un bas-fourneau à titre expérimental.

        Il est à noter que sur ce même site devrait passer ultérieurement le petit train de la découverte.

       Le prochain arrêt et ce sera le dernier avant quelques réconforts sera l’histoire de la forteresse de la Motte champlay 

Nous nous trouvons sur l’extrémité sud de la MOTTE CHAMPLAY

 

        
   Sur ce site nous avons dégagé cette clairière qui d’après les photos de 1978 était totalement sans végétation.

 

            La Motte Champlay était une grande forteresse de 100x150m construite sur un ferrier nivelé. Donc les couches ont été totalement mélangées et sans intérêt particulier.

 

            Elle comportait 2 forts et 1 fortin. Durant la guerre de cent ans cette forteresse fut attaquée et occupée par les anglais et totalement détruite en 1360 au moment où ils l’ont quittée. Plus tard, les habitants du village ont été autorisés à prendre les matériaux pour reconstruire le village

 

           Mais les plus gros dégâts ont été faits par les excavateurs du XXème siècle. A la place des forts et fortin il y a aujourd’hui de grosses excavations sans relation avec le fort lui-même.

      Un certain nombre de vestiges ont été découverts, douves, pièces de maçonnerie, nombreux gros blocs taillés.
PROJET :

         Avec l’aide d’un GPS professionnel, nous allons essayer de retracer les pourtours de ces ensembles afin de remettre tous ces débris de l’histoire en place et éviter que cette partie de notre patrimoine ne se perde.

1/ Cette clairière, nous allons l’aménager en aire de pique-nique avec tables et bancs sur la périphérie. Ce lieu pourra également servir à toute forme d’activité pour les autres associations et  la commune.

2/ remise en route d’un bas fourneau expérimental.

3/ De même, le petit train de la découverte devrait atteindre cette clairière après un passage très surprenant entre les buttes et excavations exceptionnelles

      Je pense avoir fait le tour de ce site qui avait fait la grandeur et la richesse de Tannerre à travers les Ages et j’espère que nous garderons tous au fond de nous même le souvenir de ces hommes et femmes qui y ont travaillé.
     Merci à tous ces bénévoles qui nous ont aidés, tout particulièrement ceux qui ont investi temps et matériel pour que ce projet devienne réalité.

 

  

 

                                      

La présentation a été complétée par une tente d'exposition
 

 

 .          Et le Conseiller Général Mr.DROUHIN prend la parole

 

                   Mr. Le Président, c’est de la belle ouvrage que nous inaugurons aujourd’hui à l’occasion des journées du Patrimoine.

 

         Il y a cinq ans, avec Michel Nachbar, nous étions venus en voiture voir le site du ferrier que lui proposait d’acheter le maire de Villeneuve les Genêts. Au bout de 200 mètres nous nous sommes arrêtés le terrain n’étant plus accessible. Michel se demandait alors s’il devait vraiment acheter ce monument historique. Nous ne voyions pas à ce moment-là où il se trouvait. Nous étions entourés d’arbres, sur un chemin boueux et la pluie tombait sans cesse. il me demanda alors : «  si j’achète, est-ce que le Conseil Général contribuera au financement. » Je lui ai répondu : « bien évidemment puisqu’il s’agit d’un monument historique. Mais surtout ne le montre pas encore car on ne trouverai pas la preuve de son existence. ». Henri de Raincourt président alors du Conseil général, dans sa grande mansuétude, accepte d’inscrire les 11.000 Euros de subvention pour la réalisation de ce projet.

 

        Ce qui est remarquable, c’est que vous n’avez pas demandé de subvention supplémentaire pour aménager le site. Comme vous Mr. le Président, je tiens à saluer le travail des bénévoles qui ont accepté d’œuvrer pour mettre en valeur ce ferrier. Je sais que Tannerre est riche d’idées et de bras. Vous l’avez aujourd’hui prouvé. Comme président du pays de Puisaye Forterre, je vous félicite d’une telle initiative.

 

         Au pays on a une politique de valorisation du patrimoine. Pierre Bordier et Henri de Raincourt le savent bien. Il en est ainsi du musée à Villiers St Benoît, du château de St. Fargeau des sept écluses de Rogny, de la tour Sarrazine de St Sauveur et de la chapelle de Louesme. Ce ferrier complète notre palette des monuments au moindre coût. Par là même, vous vous inscrivez dans une démarche de pays qui prouve que Tannerre porte bien son nom de Tannerre en PUISAYE.


Mr. DROUHIN passe la parole à Mr. le Ministre Henri de RAINCOURT pour le discours final

 

              Mr. le Maire, Mr. le Président, Mr. le Préfet, Mesdames, Messieurs, chers amis, c'est assez extraordinaire ce qu'on vient de vivre là.

            Mr. le Maire je voudrais vousremercier de votre invitation parce que je pense comme de nombreuses personnes, personnes qui nous ont accompagnées cette après-midi, on a appris des choses absolument fantastiques. Pour ce qui me concerne, j’ai tout appris car je ne connaissais rien. Donc j’ai vu Mr. le Maire, que vos connaissances étaient déjà très approfondies, vous m’avez dit c’était un vernis…. mais il tient bien, il ne donne pas de signe de craquement et puis alors je suis admiratif devant l’étendue de la science de Mr. KANY. Mr. le président c’est absolument extraordinaire. Donc je vous ai demandé si tout au long de votre existence vous étiez passionné pour le fer, le ferrier, la sidérurgie, vous m’avez dit : pas du tout, l’informatique. Et alors c’est formidable de voir qu’au fond, au bout de quelques années vous avez pu emmagasiner, découvrir par une passion qui s’est révélée un peu sur le tard. Je ne sais pas ce que pense votre épouse…..elle n’était pas très contente, finalement, je m’en doutais. Donc première raison pour laquelle je suis heureux d’être venu, la deuxième, même si c’est moins visible que le château de St. FARGEAU, c’est sûr mais c’est un élément très sensible, très important de notre patrimoine départemental et je trouve que c’est remarquable de vouloir le mettre en valeur et ainsi compléter toute la palette de ce que nous pouvons montrer aux visiteurs qui viennent chez nous dans l’Yonne.

 

 Alors Alain DROUHIN tout à l’heure dans son élan a parlé d’un certain nombre de monuments et de lieux dans le canton de Bléneau, il a dû oublier l’église de Villeneuve les Genêts parce que c’est un gros programme qui a été mené presque à son terme, car il reste encore des choses à faire Mr. le Maire. Un gros programme pour un monument qui le méritait bien et très réussi également.

           Donc tout ceci est absolument extraordinaire et je trouve que vous méritez grandement d’être complimenté ainsi que toute l’équipe de bénévoles qui vous entoure.

             Alors je sais bien que le fait générateur au fond qui a permis le déclenchement de tout ça a été le classement au titre de Monument Historique en 1982. Ça a

été un classement au fond de protection pour éviter la dispersion pour éviter l’appauvrissement et donc je pense que ça a été une bonne mesure qui a été prise par le ministre de la culture de l’époque.

 

      Ce qui m’intéresserait quand même c’est de voir un peu le dossier qui lui a été remis car à partir de tous les éléments que vous nous avez donnés, je pense que cela doit être quelque chose d'extrêmement instructif.

 

       Alors après vous avoir remercié je veux vous encourager pour la suite de vos projets et puis vous donner un petit conseil, c’est une expérience que je suis entrain de vivre en ce moment à l’échelon national. Vous avez le choix entre deux possibilités lorsque vous avez des projets, soit vous présentez les projets un à la fois, donc c’est long, c’est difficile, soit vous présentez tous les projets à la fois. Eh bien moi je vous conseille d’adopter la deuxième mesure parce que c’est justement en présentant beaucoup de projets à la fois qu’on arrive à en concrétiser le plus grand nombre.

 

       Voilà Mr. le Maire, merci de nous avoir invité, c’est pour moi une formidable découverte. Je pense Mr. le Préfet que pour vous aussi, en ces journées du Patrimoine, c’est un patrimoine original que grâce à vous nous avons découvert cette après-midi. Bravo et merci et puis dès qu’il pleut, je demanderai à mon ramasseur personnel de champignons, le Maire de Villeneuve les Genêts, de bien vouloir penser à moi. Merci.

 

 

Rédaction  Gérard Kany le 29 septembre 2009

 

              

 

 

 



 

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